Le gouvernement De Wever-Bouchez a bouleversé le marché du travail avec son accord estival. Les réformes concernant le travail de nuit sont particulièrement controversées. Ce que le gouvernement considère comme une modernisation est perçu sur le terrain comme une attaque frontale contre les droits et les revenus. Les conséquences vont d'ailleurs bien au-delà de la distribution ou du commerce électronique : les travailleurs du transport et de la logistique risquent également d'en faire les frais.
Pour Frank Moreels, président de l'Union Belge du Transport (UBT), la coupe est pleine. Il parle d'une « attaque » contre les travailleurs et met en garde contre un dumping social insidieux qui sape les conventions collectives et prive des milliers de familles de revenus. « Il ne s'agit pas d'une intervention technique, mais d'une destruction sociale », déclare-t-il avec virulence.
Nous avons discuté avec M. Moreels de l'impact concret des mesures, des réformes plus larges qui sont sur la table et des raisons pour lesquelles l'UBT veut descendre massivement dans la rue le 14 octobre.
Frank Moreels, vous tenez des propos très durs. Pourquoi qualifiez-vous les mesures relatives au travail de nuit d'« attaque » contre les travailleurs du transport et de la logistique ?
Parce que l'impact est énorme. Jusqu'à présent, notre secteur appliquait une interdiction de principe du travail de nuit, sauf si des accords clairs avaient été conclus entre les syndicats et les employeurs. Cela nous permettait de négocier des primes décentes. Le gouvernement supprime cette interdiction et raccourcit la période nocturne : elle passe de 20 h à 6 h à 24 h à 5 h. Cela peut sembler anodin, mais cela signifie que des milliers de personnes devront bientôt travailler plus longtemps et plus dur pour un salaire moindre.
Le gouvernement affirme que cette mesure ne s'applique qu'à la distribution et au commerce électronique. Le transport et la logistique ne seraient pas concernés. Cela ne vous rassure-t-il pas ?
Au contraire. Sur papier, nos conventions collectives semblent rester en vigueur, mais la réalité est tout autre. Si la distribution et le commerce électronique peuvent organiser du travail de nuit bon marché sans conventions collectives et sans primes, cela crée une concurrence déloyale.

Les entreprises qui investissent aujourd'hui dans des conditions de travail correctes perdront des contrats au profit d'entreprises qui pratiquent des prix de dumping. Au final, nos conventions collectives seront ainsi vidées de leur substance. Il s'agit d'une forme insidieuse de dumping social.
Qu'est-ce que cela signifie concrètement pour le pouvoir d'achat des travailleurs ?
Le groupe de réflexion Minerva a calculé cela : une perte d'environ 340 euros par mois. C'est énorme, surtout maintenant que le coût de la vie pèse déjà lourdement. Les travailleurs perdent des revenus, alors qu'ils doivent fournir un travail plus flexible et plus lourd. C'est tout simplement scandaleux.
Vous mettez l'accent sur le travail de nuit, mais le gouvernement met en œuvre d'autres réformes. Lesquelles vous préoccupent le plus ?
Il s'agit d'une série de mesures qui, toutes, affaiblissent la position des travailleurs. La retraite anticipée devient plus difficile, les flexi-jobs sont déployés dans tous les secteurs et le travail étudiant est élargi. Cela met sous pression les emplois permanents « coûteux » et ne laisse aucune chance aux demandeurs d'emploi de trouver du travail sur ce marché du travail bon marché pour les employeurs.
À cela s'ajoute un ensemble d'heures supplémentaires « volontaires » sans cotisations sociales, tout comme pour le travail étudiant et les emplois flexibles, ce qui sape notre sécurité sociale. La flexibilité des contrats et des horaires est encore accrue. Il s'agit d'une attaque totale contre notre marché du travail.
Quelle est votre réponse en tant que syndicat ?
Nous ne laisserons pas passer cela. Les mesures relatives au travail de nuit suffisent à elles seules à justifier une mobilisation dans la rue. C'est pourquoi nous appelons tous les travailleurs du transport et de la logistique à participer massivement à la grande manifestation syndicale du 14 octobre 2025 à Bruxelles. C'est le moment de montrer clairement que nous n'acceptons pas cette dégradation sociale. Les travailleurs méritent le respect, pas le dumping social.
Accord d’été = casse sociale
Le 14 octobre, l’UBT et la FGTB descendront dans la rue. Le gouvernement vend l’accord d’été comme une modernisation du marché du travail alors qu’il s’agit en réalité d’une casse sociale. Les ouvriers du transport sont à nouveau le dindon de la farce.
Travail de nuit sans protection
Ce que le gouvernement propose facilite le travail de nuit, mais supprime en même temps la protection que les syndicats ont su imposer au fil des ans. Les risques pour la santé sont ignorés, les primes de nuit sont amenées à disparaître. Les travailleurs supportent les charges, les entreprises les bénéfices.
Temps de travail au bon vouloir du patron
L’accord ouvre la voie à une individualisation totale du temps de travail. Les travailleurs doivent négocier leurs heures, sans garantie minimale. Des contrats de quelques heures à peine par semaine deviennent possibles. La concertation collective, qui a toujours été l’épine dorsale de notre protection, est tout simplement mise hors-jeu.
Sanction pour départ anticipé à la retraite
Les pensions ne sont pas épargnées. Tout travailleur souhaitant ou devant arrêter de travailler de manière anticipée – par exemple pour cause de travail lourd ou de travail de nuit – sera pénalisé à hauteur de 25 % maximum en application du nouveau ‘malus Jambon’. Une double peine pour ceux qui travaillent déjà le plus durement.
Et que recevons-nous en échange ?
Peut-être une petite augmentation salariale, d’environ 100 euros net, mais pas avant 2029. Entre-temps, la charge de travail augmente, les droits s’effritent et les entreprises reçoivent des cadeaux qui se chiffrent en milliards. Par ailleurs, le budget se dirige vers un déficit colossal.
L’UBT le dit clairement : trop, c’est trop. Nous manifesterons le 14 octobre avec la FGTB et tous les syndicats. Pour le respect. Pour le droit de parole. Pour la protection.
Le 11 septembre 2025, l’UBT a ouvert un nouveau centre de soutien temporaire à Zwijndrecht dans une ambiance festive. De nombreux affiliés, militants et sympathisants étaient présents pour inaugurer cette importante initiative.
Réponse aux problèmes de mobilité
Le timing n’est pas le fruit du hasard. Du 8 septembre au 8 décembre 2025 inclus, le Waaslandtunnel sera totalement fermé pour rénovation. Conséquence : de graves problèmes de circulation dans et autour d’Anvers. En ouvrant ce centre de soutien à Zwijndrecht, l’UBT entend rester proche de ses membres, même si le trafic est paralysé.
Proximité pour les ouvriers du transport
Pour l’UBT, la proximité est plus qu’un simple mot. Le centre de soutien est un lieu où les ouvriers du transport peuvent poser leurs questions, exposer leurs problèmes ou raconter leurs histoires. Il nous permet de rester accessibles et visibles pour tous les acteurs du secteur.
Le Service Port y est présent chaque semaine, le mardi et le jeudi – un collaborateur du secrétariat et un collaborateur du service Sécurité d'existence sont chaque fois prêts à venir en aide aux affiliés. Les collègues du Transport routier et de la Logistique sont présents au bureau le mercredi.
📍 Adresse: Dorp West 12A – 2070 Zwijndrecht
🕒 Heures d’ouverture : mardi, mercredi et jeudi de 8h30 à 16h


Lors de la rentrée politique le 10 septembre, la FGTB flamande a tiré la sonnette d’alarme. Avec la campagne #RebootVlaanderen, le syndicat demande une véritable relance de la politique : moins d’économies, plus d’investissements dans des services publics forts, la protection sociale et des emplois durables. Selon Miranda Ulens, secrétaire générale de la FGTB flamande, un changement de cap s'impose de toute urgence.
Le message est clair : la Flandre doit opter pour la solidarité et la justice, pas pour les inégalités et le démantèlement.
Le monde peut parfois sembler lourd à porter. Les guerres, les inégalités, le climat... tout cela peut vous rendre impuissant. C'est pourquoi l'initiative citoyenne Worried Citizens organise un festival GRATUIT où la musique, l'empathie et la solidarité occupent une place centrale. De grands noms et artistes sont à l'affiche, tels que Zwangere Guy, Zap Mama, Blackwave, Simon Gronowksi, Sylvie Kreusch...
Le samedi 20 septembre, nous nous rendrons à l'Atomium pour faire entendre notre voix. Les inquiétudes laisseront place à la solidarité et à l'action. Nous soutenons cette initiative avec conviction. Vous venez aussi ? 💪
Le 11 septembre, Roxana Mînzatu, Commissaire européenne et vice-présidente de la Commission européenne, a visité quelques parkings pour poids lourds de Flandre occidentale avec des représentants de l’ETF, de l’ESPORG, de la DG MOVE et de la DG EMPL. La délégation s’est rendue à la fois sur des aires de stationnement sûres et sécurisées certifiées (SSPA), comme celle de Jabbeke (niveau or), et sur des sites vétustes ou non certifiés à Westkerke, Zeebruges et Bruges. L’objectif de la visite était de faire un tour d’horizon des conditions de travail et de vie des routiers et de discuter du manque criant d’aires de stationnement sécurisées.
Une étude de la Commission européenne a mis en évidence un déficit estimé à 390.000 places de parking sécurisées au sein de l’UE, susceptible d’atteindre 483.000 d’ici 2040. Cette situation menace la sécurité routière, complique le respect des temps de conduite et de repos et rend le métier de chauffeur moins attrayant. L’UE a déjà investi plus de 91 millions d’euros dans les SSPA par le biais du programme CEF, dont la majeure partie a profité à des membres de l’ESPORG. La Commission a confirmé son engagement à accélérer la création d’aires de stationnement sûres et sécurisées certifiées par le biais de la réglementation, du financement et de la coopération avec les autorités locales.
Lors de la visite, la commissaire a pu constater la fracture entre les SSPA et les sites dépourvus du minimum requis. Nous avons eu l’occasion de discuter personnellement avec elle de nos activités sur le terrain et de lui présenter notre Truckers Hotline.
L’UBT-FGTB salue l’intérêt accru de l’Europe pour les aires de stationnement sécurisées, mais formule également des remarques importantes :
L’UBT-FGTB appelle à des contributions obligatoires des employeurs et à une gestion publique des investissements. Un emplacement de parking sécurisé n’est pas un luxe, mais un droit pour tout chauffeur.

Qui est Roxana Mînzatu ?
Naissance : le 1er avril 1980
Sa mission : développer le pilier européen des droits sociaux afin de remédier aux pénuries de compétences et de main-d'œuvre :
Tout le monde veut toucher son dû, mais pour un chauffeur routier professionnel, il n’est pas toujours simple de vérifier ses heures. Pour être certain que votre salaire est calculé correctement, vous devez utiliser différentes données.
1. Utilisez correctement votre tachygraphe.
Les données du tachygraphe constituent les éléments de base pour le calcul de votre salaire et votre preuve dans le cadre de discussions avec l’employeur. C’est stipulé par la loi.
2. Vérifiez votre fiche de prestations mensuelles.
En fin de mois, votre employeur doit vous faire parvenir une fiche récapitulative.
Vérifiez vos heures encore plus facilement
Grâce à votre carte de conducteur, vous avez toutes les données nécessaires en poche. Il suffit de les examiner de manière claire. C’est possible avec l’Orditach Personal : un lecteur de carte équipé d'un logiciel qui vous permet de vérifier rapidement et clairement vos heures.
En Flandre, plus de 2.100 chauffeurs de bus assurent quotidiennement le transport scolaire de quelque 45 000 enfants atteints d'un handicap. C'est un service essentiel, mais aujourd'hui, le système montre des signes de faiblesse.
Le secteur fait face à une pénurie de chauffeurs, si bien que les flexi-jobs et les contrats de courte durée successifs deviennent la norme. Cette situation entraîne une précarité de l'emploi et une baisse de la qualité. De même, l’infrastructure des centres de ramassage scolaire n’est pas toujours à la hauteur et l’état technique de certains véhicules laisse à désirer.
Malgré un temps de trajet maximal plus court, les déplacements des enfants restent trop longs. Le nombre d’élèves a augmenté de 28 % depuis 2021 alors que le budget reste à la traîne.
L’UBT-FGTB revendique : la fin de l’abus des flexi-jobs, la sécurité de l’emploi pour les chauffeurs, des centres sécurisés, une flotte de véhicules renouvelée et surtout des trajets plus courts – dans l’intérêt de l’enfant.
Les agressions envers les chauffeurs de bus ne cessent d'augmenter. En 2024, 2.300 incidents ont été enregistrés, le nombre le plus élevé jamais atteint. L’impact est considérable : atteintes physiques et psychologiques, des milliers de jours d’incapacité de travail et une charge de travail toujours plus importante.
L’UBT-FGTB plaide pour une approche globale : véhicules de plus grande capacité, contrôle social amélioré, caméras, assistance rapide et formations pour les chauffeurs. Mais surtout : du respect.
Le 4 septembre 2025, les 75 ans du Débardeur ont été célébrés à Anvers. Ce monument, qui trône fièrement à Anvers depuis trois quarts de siècle, reste un symbole fort du travail, de la solidarité et de la lutte.
Lors de la cérémonie, Marc Loridan s’est adressé à l’assistance. Il a rappelé que le Débardeur est plus qu’un bronze : « Son large dos, ses mains puissantes et son regard fier racontent l’histoire de milliers de dockers qui ont fait la grandeur d’Anvers – souvent au détriment de leur corps, de leur santé et parfois de leur vie. »
La célébration a rassemblé beaucoup de monde : l’échevine Lien De Kelder, le président de la FGTB Bert Engelaar, des sympathisants, des militants et de nombreux ouvriers portuaires. La cérémonie a pris une dimension supplémentaire grâce à la contribution musicale du trompettiste Olivier Bodson, qui a rendu le moment encore plus intense grâce à une musique appropriée.
Marc Loridan a souligné que le Débardeur n’est pas une relique, mais un appel permanent à protéger le statut, les conditions de travail et la sécurité sociale. « Chaque fois que nos acquis sont remis en question, nous nous levons pour les défendre. C'est notre devoir envers ceux qui se sont battus pour nous, et notre responsabilité envers les générations futures. »
Outre les discours, une brochure présentant plus en détail l'histoire et la signification de la statue a également été présentée. Un souvenir du passé, mais aussi un appel pour l’avenir : l’égalité, la solidarité et la dignité sont des principes fondamentaux que nous continuerons à défendre.
Après une pause estivale bien méritée, notre aile jeunesse s’est à nouveau rassemblée pour une première réunion. L'ambiance était immédiatement au rendez-vous, la motivation était grande et l'agenda débordait de projets.
Un teambuilding est prévu le vendredi 27 décembre avec les jeunes de Gand et de Zeebruges dans les locaux d’Experience Factory à Anvers. La tradition sera également respectée : le samedi 13 décembre, les jeunes organiseront une nouvelle fois le marché de Noël annuel de l’UBT.
Avec un programme aussi riche, l’UBT Youth prépare un second semestre 2025 intense. Formation, rencontres et action sont au cœur des projets, afin que les jeunes membres fassent entendre leur voix au sein du syndicat et dans le secteur.
👉 Tu es docker, membre de l’UBT Port et tu as moins de 35 ans ? Rejoins notre aile jeunesse ! Ensemble, nous ferons en sorte que la voix des jeunes dockers soit mieux entendue. Pour en savoir plus, prenez contact avec le secrétariat du groupement professionnel Port ou avec nos permanents.
(photo 2: Copyright Junior Verhelst - HLN)


Chaque année, le premier samedi de septembre est consacré à la commémoration des marins ayant perdu la vie en mer. Cette année encore, familles, collègues, syndicats et sympathisants se sont réunis au monument à Anvers afin de leur rendre hommage.
Pour l’UBT, c’est plus qu’une cérémonie. Il s’agit d’un moment de solidarité avec la communauté maritime, au sein de laquelle la sécurité et le respect ont une importance vitale. Travailler en mer reste dangereux : longues distances, conditions difficiles et le risque qu’une personne ne rentre jamais chez elle.
Ces sacrifices ont été commémorés avec des fleurs et des témoignages. Il s’agit en même temps d'un appel à poursuivre la lutte pour de meilleures conditions travail, une meilleure protection et une plus grande reconnaissance pour tous ceux qui font tourner le commerce mondial.
Photos: Copyright S.Nys
En août, le groupe maritime anversois CMB.Tech(l’ancien Euronav) a annoncé sa fusion avec l’armateur norvégien Golden Ocean. Il s’agit de l’un des plus grands mouvements dans le secteur maritime de ces dernières années, avec des conséquences directes pour la Belgique. La majorité des navires concernés battent désormais pavillon belge. Cela signifie une plus grande visibilité pour notre secteur maritime et de nouvelles opportunités pour les marins.
Jacques Kerkhof, secrétaire fédéral de l'UBT Maritime :
"Nous attendons dès lors une augmentation du nombre de marins européens et belges. Le pavillon belge est une bonne chose pour l’avenir. Nos services en matière de fiscalité sont d’ailleurs très appréciés par les marins. Le bouche-à-oreille se développe de plus en plus et profite à notre secteur."