Le monde en feu, l'Europe doit faire un choix

Quiconque suit l'actualité aujourd'hui ne peut l'ignorer : le monde est en feu. La guerre en Ukraine dure depuis des années et continue de toucher directement l'Europe. Au Moyen-Orient, la violence ne cesse de resurgir, avec des conséquences dramatiques pour la population et pour la stabilité de toute la région. Nous nous concentrons sur ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine, à Gaza et en Iran. Dans le même temps, le nombre de conflits augmente si rapidement à l’échelle mondiale que nous avons tendance à en oublier certains : le Soudan, la République démocratique du Congo, la région du Sahel… En 2024, les experts ont recensé 61 foyers de tension dans le monde. Le nombre de conflits armés augmente !

Arrêtez la guerre !

Dans le même temps, nous voyons comment les grandes puissances – telles que la Russie, la Chine et les États-Unis – affirment leur pouvoir géopolitique de manière de plus en plus brutale. L'ordre juridique international est de plus en plus souvent subordonné à une politique de puissance brutale. Lorsque des dirigeants formulent sans vergogne des ambitions territoriales ou font pression sur d'autres pays (comme Trump avec le Groenland), les fondements mêmes du droit international sont remis en cause. Ce qui semblait autrefois aller de soi – la paix, la stabilité et le respect des frontières – s'avère soudainement à nouveau fragile.

Récemment, les États-Unis ont envahi le Venezuela et enlevé le président, Cuba est ouvertement menacée par Trump, et – vous avez bien lu – il a suggéré que l’île de Kharg, en Iran, déjà rasée par les bombardements, serait à nouveau attaquée « juste pour le plaisir ».

 

Nous ne voulons pas de ce genre de politique, cela doit cesser.

 

Les Belges aussi doivent avaler une pilule amère 

Pour les travailleurs en Belgique, ces conflits ne sont pas une affaire qui ne les concerne pas. Les guerres et les tensions géopolitiques ont des conséquences économiques directes. Les prix de l’énergie montent en flèche, les matières premières deviennent plus chères et les chaînes de transport sont perturbées. À l’échelle mondiale, les prix du gaz ont augmenté de 50 % depuis la guerre en Iran ! Selon les experts, le pétrole va coûter 25 à 65 % plus cher.

 

Les travailleurs en ressentent les conséquences chaque jour dans leur portefeuille, par exemple à la pompe. Le prix des produits de base augmente, la facture énergétique continue de peser lourdement et le pouvoir d'achat s'en trouve ainsi mis sous pression. Alors que les entreprises disposent parfois encore de réserves, ce sont souvent les travailleurs qui encaissent les premiers coups, et les plus durs. Notre système d'indexation est donc crucial pour protéger notre pouvoir d'achat.  Le gouvernement de l'Arizona doit donc s'en abstenir !

 

Les travailleurs du transport doivent également s’attendre au pire en raison de la perturbation de la « chaîne d’approvisionnement ».  Si le carburant devient plus cher, le transport devient plus cher.  Cela exercera une pression à la baisse sur nos salaires. Le dumping social refait de plus en plus surface. Les temps d’attente dans les ports vont s’allonger.

Pour une Europe forte et unie !

Pour les syndicats, c’est crucial : veiller à ce que les travailleurs ne paient pas une nouvelle fois la note des crises internationales dont ils ne sont en rien responsables. Mais ceux qui pensent qu’un petit pays comme la Belgique pourra se défendre seul contre la violence des grandes puissances se trompent.


C'est précisément pour cette raison que c'est un moment de vérité pour l'Europe. Tant pour les responsables politiques que pour les syndicats. Dans un monde où les dirigeants autoritaires et les forces nationalistes gagnent du terrain, l'Europe ne peut se permettre d'être divisée. Notre démocratie, nos droits sociaux et notre État-providence ne vont pas de soi. Ils sont le résultat de décennies de coopération, de lutte et de solidarité.


Mais aujourd’hui, ces acquis sont menacés – tant de l’extérieur que de l’intérieur. Les mouvements de droite et populistes tentent de démanteler le projet européen et dressent les gens les uns contre les autres. Mais ceux qui pensent que les murs nationaux offriront une protection se trompent.


Seule une Europe forte, unie et sociale peut défendre notre démocratie et protéger notre prospérité. Cela signifie plus de coopération, plus de solidarité et un choix clair en faveur des valeurs démocratiques. Car si l’Europe a prouvé une chose depuis la Seconde Guerre mondiale, c’est bien celle-ci : la coopération nous rend plus forts que la division ne pourra jamais le faire.




Frank Moreels

Président UBT-FGTB

« NOUS DEVONS MONTRER
QUE LA SOLIDARITÉ EST
PLUS FORTE QUE LA GUERRE. »


Le syndicalisme dans un pays assiégé : entretien avec Oleg Grygoriuk

Lorsque Oleg Grygoriuk – président du syndicat maritime ukrainien – a pris ses fonctions il y a quatre ans, le pays était en pleine pandémie de coronavirus. À peine cette crise était-elle maîtrisée que la guerre a éclaté. En tant que président du Syndicat des travailleurs du transport maritime d’Ukraine (MTWTU), Oleg représente environ 80 000 membres : marins, dockers et travailleurs portuaires. Depuis le début de la guerre, leur vie a radicalement changé – et avec elle, le travail syndical lui-même. « Avec le recul, la pandémie n’était qu’une préparation à ce qui allait suivre. »


Pas d’accès au travail

Le premier choc est survenu dès le début de l’invasion russe. En raison de l’état d’urgence, les hommes âgés de 18 à 60 ans n’étaient pas autorisés à quitter le pays. Pour les marins, cela signifiait qu’ils ne pouvaient plus embarquer. Pas de navire, pas de salaire. Des milliers de familles ont perdu leurs revenus du jour au lendemain.

Le syndicat est passé en mode crise. Une aide humanitaire a été organisée pour les membres sans revenus. Parallèlement, un soutien juridique a été proposé à ceux qui, dans des circonstances particulières, pouvaient tout de même partir à l’étranger pour retravailler.
Selon les mots d’Oleg : « Pour nous, il était essentiel d’éviter que les gens ne se retrouvent complètement sans perspective. »

Les ports sous le feu

Aujourd’hui, les défis sont à nouveau différents. Les ports – Odessa, Chornomorsk, Izmail et d’autres – sont pris pour cible presque quotidiennement. Les attaques de drones et de missiles rendent le travail sur place extrêmement dangereux. Plusieurs membres du syndicat ont déjà perdu la vie, d’autres ont été blessés.

De plus, le pays est confronté à des coupures d’électricité prolongées. En décembre, Odessa a connu un black-out total pendant près de deux semaines. Le syndicat a donc investi dans des générateurs et des sources d’énergie alternatives pour ses sections locales, afin de pouvoir continuer à fournir des services à ses membres.

La solidarité internationale joue un rôle crucial à cet égard, explique Oleg : « Les organisations syndicales européennes et mondiales apportent un soutien financier, logistique et juridique. Sans cette solidarité, nous aurions beaucoup plus de mal à tenir le coup. »


Une économie sous pression
L'économie ukrainienne a été durement touchée, mais elle ne s'est pas complètement effondrée. Certains secteurs continuent de fonctionner, notamment pour maintenir des flux d'exportation vitaux. La dépendance à l'égard de l'aide étrangère reste toutefois importante.

Dans les ports qui sont à peine opérationnels en raison de blocus ou d’occupations, les salaires ne sont parfois pas versés, ou le sont avec retard.
« Nous négocions avec les entreprises et les pouvoirs publics pour maintenir les entreprises ouvertes et garantir au moins un revenu minimum. Il est impossible de garantir l’intégralité des revenus, mais nous essayons d’éviter le pire. »

Défendre les droits du travail
En temps de guerre, les priorités politiques changent. Les droits du travail ne figurent pas en tête des priorités. Pour le syndicat, ils le restent.

Lorsque des travailleurs sont licenciés à tort ou que leurs droits sont bafoués, on commence par négocier. Si nécessaire, une procédure judiciaire s’ensuit. Ces dernières années, des dizaines de procès ont été intentés, avec un résultat positif dans la plupart des cas. « Il est important que nos membres voient que l'État de droit fonctionne encore et que le travail syndical a aussi un sens en temps de guerre. Le dialogue social existe toujours. Nous continuons à exiger la concertation et à faire entendre notre voix. »

Des travailleurs au front
De nombreux membres du syndicat maritime se trouvent au front. Ils défendent le pays et peuvent ensuite être reconnus comme anciens combattants, même si la reconnaissance administrative est souvent laborieuse. Le syndicat les soutient juridiquement et, dans la mesure du possible, financièrement.

La fatigue est grande au sein de la société. La vie quotidienne en Ukraine est dangereuse et stressante. Pourtant, le défaitisme ne domine pas parmi les dirigeants syndicaux. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre. Mais au final, la paix doit s’installer. Les gens aspirent à la paix. »


Vivre au jour le jour

Oleg laisse les analyses géopolitiques à d’autres. La priorité du syndicat réside dans les défis concrets auxquels sont confrontés ses membres : comment les protéger, comment garantir leurs revenus, comment défendre leurs droits. Les stratégies à long terme sont difficiles à mettre en place dans un contexte d’incertitude permanente.


Une chose reste toutefois constante : l'optimisme comme devoir. « Si nous, en tant que syndicat, ne gardons pas espoir, qui le fera ? Nous devons montrer l'exemple. Nous devons prouver que la solidarité est plus forte que la guerre. »

 Il est important que
nos membres voient que l'État de droit fonctionne encore et que le travail syndical a aussi un sens en temps de guerre.
Le dialogue social existe toujours. Nous continuons à exiger la concertation et à faire entendre notre voix.


Oleg Grygoriuk 

Président du Syndicat des travailleurs du transport maritime d’Ukraine

Dernières nouvelles : Un accord sectoriel enfin conclu pour les bus et autocars !

Après une période où les négociations dans le secteur des bus et autocars (CP 140.01) semblaient totalement bloquées, une fumée blanche s'est enfin dégagée. Alors que les employeurs refusaient auparavant toute avancée, un accord a été conclu pour tous les travailleursdu secteur.


En choisissant la voie du dialogue plutôt que la grève chez De Lijn, tous les chauffeurs voient aujourd'hui un résultat concret. Cette différence est directement perceptible sur le terrain.

Voici les principales victoires pour le pouvoir d'achat :

  • Chèques-repas: À partir du 1er avril 2026, vous aurez droit à un chèque-repas de 3,09 eurospar jour travaillé.

  • Indemnité vélo: Vous venez au travail à vélo ? Vous recevrez désormais une indemnité sectorielle de 0,30 europar kilomètre.

La solidarité porte ses fruits
Précédemment, le syndicat dénonçait la volonté des employeurs de retarder et de fragmenter la concertation. Grâce à notre pression collective et à notre confiance dans la négociation, nous avons désormais un accord uniforme pour l'ensemble du secteur. C'est une victoire importante pour la sécurité d'emploi et le respect que chaque chauffeur mérite.


100 000 fois merci : Bruxelles se pare de rouge contre les politiques antisociales

La manifestation nationale du 12 mars a été un signal fort lancé par les travailleurs et les citoyens de tout le pays. Avec pas moins de 100 000 participants, nous avons fait entendre dans les rues de Bruxelles que la volonté de lutter contre les projets du gouvernement de l’Arizona est immense. Aux côtés d’autres syndicats, d’étudiants et de la société civile, nous avons clairement fait savoir qu’il est temps que les décideurs politiques changent de mentalité. Ce fut une protestation bruyante contre une politique que nous qualifions d’antisociale, d’injustifiée et de misogyne.

Les femmes en première ligne
Ce n’est pas un hasard si, cette fois-ci, les femmes étaient en tête de la marche de protestation. Elles constituent souvent l’épine dorsale de nos secteurs, mais sont en même temps les plus durement touchées par les mesures prévues. Il suffit de penser à la « réduction de l’index », qui a un impact énorme sur le pouvoir d’achat, surtout pour celles et ceux qui ont des salaires plus bas. L'incertitude entourant les « flexi-jobs » et l'absence de droits à la retraite solides touchent également les femmes de manière disproportionnée. En leur accordant une place de choix dans la manifestation, nous avons exigé la reconnaissance de leur travail et une politique qui garantisse la protection sociale au lieu de la démanteler.

Il est temps de changer de comportement
Pour les militants de l'UBT, le message adressé au gouvernement était clair : Arizona, il est temps de changer de comportement ! Ces dernières semaines, les différentes provinces se sont déjà « échauffées » pour mettre au point la mobilisation en vue de cette journée. Nous luttons pour des conditions de travail équitables et le maintien de nos acquis sociaux. À tous ceux qui étaient présents pour faire entendre cette voix : merci 100 000 fois. Nous resterons vigilants et combatifs tant que les fondements sociaux de notre société seront menacés.

Save the date : MovimenT 2026 arrive !

C'est avec beaucoup de fierté que nous annonçons la deuxième édition de
« MovimenT » en 2026. Après le succès de la première édition, nous organisons à nouveau un festival inspirant qui rassemble les gens pour réfléchir à l'économie, à la démocratie, à la technologie et à la société. C'est le lieu incontournable pour ceux qui aiment les voix fortes et les idées audacieuses qui façonnent notre avenir.

Une programmation internationale
Les premiers noms pour cette nouvelle édition sont désormais confirmés (découvrez-les ici). Nous pouvons compter sur une programmation passionnante, voire internationale, qui nous enthousiasme particulièrement. Au cours des prochains mois, nous dévoilerons les intervenants petit à petit via nos canaux. Il vaut donc vraiment la peine de suivre de près le site web de MovimenT, car de nombreuses annonces intéressantes sont à venir.

Informations pratiques : inscriptions à partir de mai
Vous souhaitez y participer ? Les inscriptions ouvriront en mai 2026. À partir de ce moment-là, vous pourrez réserver votre place pour cet événement unique. Nous voulons donner à tout le monde la chance de participer. C'est pourquoi nous prévoyons à nouveau une « zone de jeux » surveillée pour les enfants jusqu'à 12 ans. Pendant que vous écoutez et réfléchissez, les enfants pourront s'amuser en toute sécurité sous la supervision de professionnels.

Réservez dès maintenant la date dans votre agenda : le 29 août 2026, au Zoo d'Antwerpen.

À l'ère de Trump : Vive l'Europe !

La députée européenne Kathleen Van Brempt ne mâche pas ses mots dans sa dernière chronique pour Sampol : « Rien n’est plus efficace qu’une bonne caricature pour ridiculiser un adversaire. » Elle fait ici référence à l'idée selon laquelle l'Europe ne s'occupe que de détails tels que les bouchons de bouteille coincés, tandis que les États-Unis et la Chine construisent des missiles et des robots. Mais selon Van Brempt, cette image est non seulement fausse, mais aussi dangereuse.

Un modèle social qui fonctionne bel et bien

Dans son analyse, Kathleen Van Brempt affirme que l’Europe dispose d’un modèle social unique que nous devons défendre avec beaucoup plus de vigueur. Alors que les détracteurs se moquent des petites règles européennes, elle met en avant les faits concrets. « Les Européens vivent plus longtemps, ont accès à une éducation abordable et aux meilleurs systèmes de santé au monde », souligne-t-elle. Elle établit ainsi une comparaison frappante avec les États-Unis, où chaque année, un demi-million de familles font faillite à cause des frais médicaux – une situation presque inconcevable en Europe.

Selon la députée, nous obtenons également de bien meilleurs résultats en matière de sécurité et de vie privée. Le taux d’homicides en Europe est trois fois plus bas qu’aux États-Unis, et nulle part ailleurs dans le monde les droits civils et la vie privée ne sont aussi strictement protégés par la loi.

L'attaque contre l'Europe n'est pas un hasard

Selon Van Brempt, le fait que l’Europe soit si souvent attaquée par des caricatures et de la désinformation relève d’une stratégie délibérée d’autocrates tels que Trump et Poutine. « L’Europe n’est pas attaquée parce qu’elle ne signifie rien, mais précisément parce qu’elle signifie quelque chose », écrit-elle. Pour ceux qui rêvent d’un monde sans protection sociale ni droits des travailleurs, une Europe forte constitue en effet un obstacle majeur.

Son message est donc un appel à retrouver notre fierté : l’Europe n’est pas un projet parfait, mais c’est l’un des projets politiques les plus réussis du siècle dernier. Nous ne devons pas nous laisser paralyser par les divisions ou l’idée que nous sommes faibles.

Lisez l'analyse complète dans Sampol (article en néerlandais)

Vous souhaitez découvrir l'intégralité de l'argumentation de Kathleen Van Brempt sur la force du modèle européen ? Sa chronique a été publiée dans la nouvelle version du magazine Samenleving & Politiek (Sampol), une source incontournable pour ceux qui suivent de près le débat de société.

Fermeture de H&M Logistics à Ghlin : « Vous n'êtes pas seuls »

L'annonce par H&M de la fermeture de son centre de distribution à Ghlin (Mons) a fait l'effet d'une bombe. Cette restructuration prévue du réseau logistique met en jeu environ 440 emplois. La nouvelle est un choc pour les travailleurs et leurs familles, qui se sont investis pendant des années pour faire tourner le site.

La solidarité syndicale est essentielle
En ces temps d'incertitude, la solidarité du syndicat revêt une importance cruciale. L'UBT-FGTB exprime son soutien total à tous les travailleurs et travailleuses concernés. Le travail acharné accompli depuis des années ne doit pas se solder par une indifférence glaciale de la part de la direction.

L'UBT soutient donc pleinement le personnel dans les démarches et la lutte qui s'annoncent. Le message adressé aux travailleurs de Ghlin est clair : vous n'êtes pas seuls. Nous nous battrons ensemble pour le respect et une solution équitable.

Finie la dissimulation :
l'Europe s'attaque aux sous-traitants malhonnêtes !

Nul besoin d'expliquer à qui que ce soit qu'il existe des lacunes dans la protection des travailleurs. L'un des principaux problèmes est l'abus de la sous-traitance pour se décharger de toute responsabilité et maximiser les profits au mépris de la législation. Bien que la sous-traitance soit un mécanisme bien connu dans le secteur des transports, elle est trop souvent utilisée pour faire baisser délibérément les prix et échapper à toute responsabilité.

La responsabilité solidaire comme arme
Le Parlement européen franchit aujourd’hui une étape cruciale en plaidant pour la « responsabilité solidaire ». Cela signifie qu’un donneur d’ordre devient coresponsable en cas d’abus commis par l’un des sous-traitants. Ainsi, les abus peuvent être directement imputés à la partie qui passe la commande.

Clarté dans la chaîne
Par ailleurs, la question de limiter la chaîne de sous-traitance à deux niveaux maximum est à l'ordre du jour. Aujourd'hui, il s'agit souvent d'un enchevêtrement opaque où les donneurs d'ordre ne savent parfois même pas qui effectue le travail. Il appartient désormais à la Commission européenne de traduire ce rapport en règles claires permettant de contrôler et de sanctionner les entreprises malhonnêtes.

Le chauffeur va-t-il être remplacé par un robot ?

L'essor des véhicules autonomes (VA) dans les transports publics est plus rapide que prévu. Alors que cela semblait longtemps relever de la science-fiction, les projets pilotes se succèdent désormais à un rythme effréné aux États-Unis. De grands acteurs tels que Waymo mènent des essais à grande échelle, mais la transparence quant aux résultats fait défaut.

La technologie ne doit pas servir de prétexte à la dégradation des conditions de travail
Pour les employeurs, ces systèmes semblent être « l’employé idéal » : ils ne tombent jamais malades et ne font jamais grève. Pour le syndicat, la ligne de conduite est toutefois claire… la technologie ne doit jamais servir de prétexte pour réduire les droits. En Europe, un marché fragmenté menace de voir le jour, car des règles harmonisées et des réponses en matière de responsabilité en cas d’accident font encore défaut.

Louvain, un cas test

En Belgique aussi, la technologie est déjà bien présente : à Louvain, une navette autonome équipée d’un logiciel chinois circule. Bien qu’un conducteur soit toujours présent, les revendications syndicales de l’ e restent fermes : la sécurité passe toujours avant tout et les données des passagers doivent rester protégées en Europe. Les véhicules autonomes peuvent tout au plus être un complément, mais ne doivent jamais remplacer le chauffeur professionnel.

Travail de nuit : De Wever ouvre la porte au dumping social

Depuis l’accord d’été, le débat sur le travail de nuit est de nouveau d’actualité. Alors que certains membres du gouvernement souhaitent supprimer les règles par analogie avec le modèle néerlandais, d’autres tentent encore de sauver la concertation sociale. Le mythe selon lequel le travail de nuit serait impossible dans la logistique belge est faux ; des milliers d’entreprises y ont déjà recours aujourd’hui.

Santé et salaire sous pression
Travailler de nuit, ce n’est pas simplement travailler une heure de plus ; cela a un impact considérable sur la santé et la vie de famille. C’est pourquoi une prime adéquate est plus que justifiée. Le véritable objectif de ce nouvel accord semble toutefois être la dégradation des conditions salariales afin de rendre le travail de nuit aussi bon marché que possible.

Pas de concertation, pas de rémunération équitable
En instaurant unilatéralement le travail de nuit sans concertation sociale, on ouvre la voie au dumping social dans le secteur logistique. Les accords existants sur les conditions de rémunération et de travail, fruit de nombreuses années de concertation, se retrouvent ainsi soumis à une forte pression. Pour le syndicat, c'est inacceptable : le travail de nuit ne doit jamais se faire au détriment du salarié.

20 ans de la MLC : la Constitution des marins célèbre une étape importante

Le travail en mer reste un secteur difficile où les travailleurs passent souvent de longues périodes loin de chez eux. Afin de garantir la protection de ce groupe à l'échelle mondiale,
la « Convention du travail maritime », ou MLC, a été lancée il y a deux décennies. Aujourd'hui, on célèbre ce succès, mais le secteur reste vigilant. En effet, un traité international sur le papier n'a de véritable valeur que lorsque ses dispositions sont strictement respectées sur le lieu de travail et sur le pont.

Qu'est-ce que la MLC et pourquoi cette convention reste-t-elle nécessaire ?

La MLC est reconnue à l'échelle internationale comme la « Charte des droits » des gens de mer. Cette convention définit les droits fondamentaux de toute personne travaillant en mer, qu'il s'agisse d'un porte-conteneurs, d'un pétrolier ou d'un navire de croisière. Elle constitue un filet de sécurité social essentiel au sein de l'économie maritime mondiale.

Avant l'entrée en vigueur de la MLC, la réglementation était souvent fragmentée et floue. Aujourd'hui, la convention offre un cadre clair pour les questions qui constituent la base d'un travail décent. Un « lieu de travail sûr » est au cœur de cette approche, afin que les travailleurs puissent accomplir leurs tâches sans risques inutiles. En outre, le « salaire équitable et le repos » sont inscrits dans le texte. Cela garantit une rémunération en temps voulu et des temps de repos suffisants pour préserver la sécurité et lutter contre la fatigue.

L'accès aux « soins médicaux » est également strictement réglementé, les membres d'équipage malades ou blessés ayant droit à des soins professionnels à bord ou à terre. De plus, « une alimentation et un logement décents » sont consacrés comme droits fondamentaux ; une alimentation saine et un logement de qualité sont des conditions indispensables à toute opération maritime.

Une mission permanente

Au cours des 20 dernières années, la MLC a sensiblement amélioré les conditions de travail de dizaines de milliers de travailleurs. La convention offre aux syndicats tels que l'UBTun instrument juridique pour lutter contre les abus commis par des armateurs malhonnêtes. Lorsqu’un navire enfreint les normes internationales, cela peut conduire à son
« immobilisation » dans le port.

Pourtant, des défis subsistent. Des cas d’« abandon », où les équipages sont laissés à leur sort, ou de retards de paiement des salaires, continuent de se produire. L'UBT reste donc combative et utilise la MLC comme un levier pour défendre ces droits. La convention n’est pas un document statique, mais un instrument vivant qui doit être constamment mis à contribution pour mettre fin aux abus et protéger la dignité de la profession.

Vision d'avenir

Ce vingtième anniversaire est l’occasion de saluer les progrès accomplis, mais ce n’est pas une fin en soi. En collaboration avec des partenaires internationaux, une pression constante est exercée sur les gouvernements et les armateurs. L’objectif reste inchangé : un secteur maritime où le respect, la sécurité et la dignité sont la norme pour chaque travailleur. Dans les années à venir, l’accent sera mis sur le renforcement de cette solidarité en mer.

L'UBT en action ...